Metal way of life

Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 02:36

Une chanson d'un groupe trentenaire : Lilllian Axe. Attention, nous entrons dans les limbes des groupes inconnus … qui mériteraient de le rester rajouteraient certains.

Oui sauf que là … pépite

Le chercheur de son que je suis devenu est de plus en plus découragé et blasé par la production actuelle. Quel renouvellement ? Quelle fraîcheur ? Quelle créativité ?

J'aimerais tellement connaître un nouvel âge d'or comme la First ou New wave of british heavy metal et dire dans 20 ans j'y étais !

Plus modestement et résigné, maintenant je n'aurais voulu qu'un petit frisson, un ultime shoot d’adrénaline. Le complexe du chercheur d'or est entier contenu dans cette quête sans fin, inépuisable de trouver ce qui brillera tellement à ses yeux qu'il aura l'impression que cet éclat vient de son propre être. Mais comme lui, je suis en train de m'égarer ici ...

 

Lilllian Axe : connu des fins limiers, me renvoie à mon inculture et me redonne la fraîcheur de mes années adolescentes.

Lilllian Axe qui après une période de léthargie prolongée venait de produire 4 albums en 5 ans, voit son chanteur le quitter, encore une fois. Le sort s'acharne à vouloir l'enterrer définitivement dans l'age d'or passé. Mais, ils persistent et trouvent un nouveau chanteur : Brian Jones (ô combien musical comme patronyme). Ce dernier m'a bouleversé par son interprétation délicate et ses lignes vocales légères, complexes et pourtant si évidentes.

 

Soul disease ou comment chambouler une âme dans une construction musicale si mathématique et un schéma si metal au carré. Décidément, j'adore les paradoxes.

Lancez cette chanson et courrez le risque comme moi de l'écouter près de 200 fois successives.

 

 

 

 

La chanson prend son envol dès les premières secondes avec une batterie pétaradante et un riff de guitare annonçant la couleur. La voix ensuite prolonge cette glisse aérienne et nous donne l'envie de ne plus le regarder la tête en l'air mais d'avoir les ailes pour se libérer d'une gravité bien trop sérieuse et conventionnelle :

 

Cours, cours loin de la voie sur laquelle nous sommes

 

 

Mais ce n'est pas la folie d'un System of a down dont il est question. La proposition de Lilllian Axe semble tout à fait logique quand on y réfléchit bien :

les guitares saturent l'air de notes successives dans une introduction organique, si néo-classique : un Bach des temps modernes prolongé par une voix : plus qu'une explosion, une longue décharge spinale qui fait convulser tout le corps mais ne le fait pas chuter, bien au contraire ! Qui lui donne l'énergie de lévitation : le corps penché vers le ciel.

 

alors que je te regarde voler avec la plus grande des facilités

Et que tu puisse relever n'importe quel royaume où que tu sois

 

et je regarde cela à la fois effrayé et émerveillé

par une telle grâce mélodieuse et du mouvement spiral

Curieux, révélé, transcendé par une telle écoute qui transporte, transperce et ouvre de nouvelles perceptions

 

ne me laisse pas

tu peux guérir cette maladie de l’âme que j'ai :

 

la confrontation de la logique gravitaire linéaire du quotidien à l'ondoiement de vagues d'imagination si colorées, croisées, tourbillonnantes, ascendantes qui veulent m'emporter.

Cette demande est presque une supplique, une longue plainte qui veut s'étirer dans l'espace pour que l'on n'entende qu'elle ...

 

Une respiration nécessaire avec tant d'émotions euphoriques qui deviennent étouffantes

 

rejette ce monde que tu méprises

et nous renaitrons au-delà

 

et repart dans ce ciel si bleu, si plein, si complet … et pourtant si loin

 

alors que je te regarde voler avec la plus grande des facilités

Et que tu puisse relever n'importe quel royaume où que tu sois

 

 

quelle conclusion ce soir, sans ciel ? Une nostalgie ? Une révolte ?

Encore rationaliser ? Sur la forme au moins (en alexandrins) et laisser enfin, tout lâcher sur le fond et sur la fin ...

 

 

… face à la nuit

 

attendre, attendre, que le pourpre disque

s'étouffe de cendres, en neige d'astérisques

Entendre, entendre, le silence lentement

s'étendre, s'étendre, en larmes et brusquement

 

comprendre, comprendre cet ordonnancement

tout fendre, tout fendre, l'armure murmurant

détendre, se détendre si délibérément

pour comprendre, comprendre tout, tout et maintenant

 

devenir un si vaste trou noir aspirant

celui qui absorbe l'essentiel débarrassé

des bruits parasites traîtres et disperseurs

 

dans la perfection de ce moment inspirant

ou tout un royaume se met en place entassé

dont je suis le maître sans partage ni assesseurs ...

 

 

… la fin est un château de cartes et de fatigue

où tout se brouille, s'évase

il s'agit d'une lutte de perfection, d'une conquête de sens

ne plus compter,

                                                                             il s'agit de se rassurer ...

Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 00:25

Blaze Bayley. Qui est-il, demanderait n’importe qui ?

 

Le troisième chanteur d'Iron Maiden, précédent chanteur de Wolfsbane et officiant actuellement dans un groupe au doux et subtil nom de Blaze. Voilà ce qui serait répondre n’importe quoi.

Car il n’est pas que cela. Il est un chanteur qui a voulu exister après avoir connu la gloire, le zénith, le firmament, l’olympe de la musique.

Il a été désavoué pourtant. Mais il a choisi d’être lui ensuite. Juste lui. De le redevenir.

 

Pourquoi l’avoir choisi en particulier ? Pourquoi lui, alors qu’ils sont si nombreux à avoir été récupérés par un grand nom de groupe, à avoir fait sa fortune et sa renommée (plus ou moins). Tout cela pour ensuite être délaissé par celui qui voulait retrouver le doux parfum évanescent d’un succès passé et quelque peu fané.

Pourquoi pas Ripper Owens (doublement même) ? Pourquoi pas John Bush ? Pourquoi pas n’importe quel chanteur d’Annihilator ??

 

Parce que Blaze est celui qui n’a pas voulu mourir, alors que c’était à sa portée, si bas tombé. Parce qu’il n’a pas voulu se laisser abattre alors qu’il a été jeté en pleine écriture d’album. Celui-là qui a continué en roue libre sur sa lancée aveugle sans comprendre ce qui lui arrivait tout enivré qu’il restait. Celui qui s’est alors réveillé dans le caniveau d’une favela brésilienne un beau matin sans savoir ce qu’il faisait là. Sans savoir. Il a choisi de devenir alors celui qui ne veut pas mourir.

 

A tous ceux qui ont connu des frustrations, des déceptions, qui ont cherché la force, elle vous est ici livrée brute, écorchée, criée. Cliquez dessous et captons cette énergie.

 

 

 

 

 

Aucune introduction. Un premier titre d’album qui déballe le matos à même le sol : un riff semblable à de larges battoirs secouant la poussière de ce tapis dessous, trop mou, trop vieux.

 

Et une ligne vocale qui interrompt aussitôt le tout. Un chant, un hélèment qui arrête l’attention de tous les badauds badins et ramasse en un souffle pourquoi il est là et nous apostrophe ainsi :

 

J’étais celui qui avait la corde au cou

Celui qui s’était emporté dans un tourbillon de rêves et chimères.

Ceux qui désormais me choquent.

 

J’étais le pendu

et je veux retrouver mon souffle

 

Je veux revivre et reprendre les choses en main. Simplement dit. Pas si simple à faire.

 

Comment me direz-vous ?

Certains choisissent de danser comme ces pendus pour retrouver la trace de leur bourreau, mais le nœud se resserre. D’autres choisissent la non violence d’un masque sans visage et sans encoches pour voir, pour comprendre et affronter l’essentiel.

 

Mais.

 

Il y a celui qui se redresse.

 

Maudit par la vie, semblait-il. Toujours condamné à retomber dans les mêmes schémas, quoi qu’il tente, quoiqu’il vive de pourtant exceptionnel.

Cette malédiction qui semblait toujours revenir à lui rampante. S’accrochait à ses chevilles pour le faire tomber à genoux, à terre. Sur ce vieux tapis poussiéreux.

 

Il faut alors lui assener des coups de battoir. Et lui répéter :

 

I am the man who would not die.

 

Un mantra. Un ordre donné à soi-même.

Pour ne pas se laisser aller à la déchéance. Pour éviter les tourbillons cyclopiques.

 

Je suis celui qui ne veut pas se laisser aller.

 

Je suis celui qui choisira son chemin.

 

C’est l’hymne à la foi. Foi dans cette musique. Foi dans LA musique.

Dans l’énergie qu’elle nous transmet. Dans ce que nous pouvons accomplir grâce à elle. D’une certaine manière elle est la voie du salut.

 

Blaze conclut sur le même ton que son introduction. Il a fait sa démonstration. A terminé ses 4’37 d’œuvre. Une dernière fois avec plus de poids, moins de fraîcheur, plus d’intensité, de lenteur. Il prêche, transmet et gicle cette énergie ? La délivre et s’en délivre pour nous la communiquer toute entière.

 

Nous avons connu la chute. Nous nous relevons avec lui, arrachons ce flambeau de vie qu’il nous tend, l’approchons de notre visage pour découvrir un rictus carnassier et le reflet de cette flamme dans notre œil électrique.

 

Je suis celui qui ne veut pas mourir. Et je compte bien vous le prouver.

Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 12:43

Motorhead pour revenir aux affaires.

Motorhead pour exprimer encore à nouveau ce qui trotte, court, galope dans ma tête.

 

Motorhead, synthèse, essence même de ce qui nous amène ici, chaque jour dans le travail comme dans la vie réelle à être confronté à plus que l’on ne penserait pouvoir supporter.

 

Comme cela (lancez la vidéo) :

 

 

 

 

Un roulement de tambour qui dès le départ nous écrase, nous plaque au mur, nous prend à la gorge et aux tripes.

 

Une basse en forme de guitare rythmique qui commence ensuite à nous montrer les réelles intentions de cette prise en main particulièrement féroce.

 

J’ai choisi cette vidéo et version originelle de 1979 pour bien montrer l’intensité de la déflagration de l’époque.

1979, au milieu des Bee Gees et de Bob Marley, Motorhead montre la voix à ce qui deviendra le speed, le trash, et tous les sous-genres du métal ensuite.

Et tout cela avec l’esprit punk du moment. Soit une désinvolture à toute épreuve et aucune intention de se fier à quiconque ou n’importe quoi d’autre.

 

Si tu ressens le rythme, cela va te rentrer jusque dans l’épine dorsale. Te secouer la tête. Te prendre aux …

Oui, le Motorhead n’est pas des plus délicats mais ancre la réalité, toute sa puissance et son énergie la plus néfaste dans nos chairs les plus vives, nos plaies les plus ouvertes et saignantes.

 

Motorhead est le sel de l’ennui, de la politesse, du train-train quotidien.

 

Overkill est bien ce que nous recevons à chaque pas, « un excès au-delà de ce qui est nécessaire ou approprier pour parvenir à la fin ». A notre fin.

Se faire renverser à chaque instant par des événements qui lancés à plein régime, ne s’encombrent pas que nous soyons restés sur les rails, un peu trop longtemps à jouer … si innocemment.

Une fois à terre, sonnés, sans bien réaliser encore ce qu’il vient de nous arriver, on pourrait penser que c’est terminé. Non, comme à 3’16 de la chanson, cela repart, un nouveau roulement nous emporte, nous dévaste.

Lemmy Kilminster, le leader et bassiste du groupe a emprunté le nom à la chanson qu’il avait écrite et interprétée pour son précédent groupe Hawkwind pour en faire le nom de son groupe : Motorhead, vieille expression anglaise pour désigner un accroc aux drogues dures.

 

A la croisée des chemins de certains excès mais pas forcément de tous, pour Dave Grohl (ancien batteur de Nirvana) Lemmy seul représente et incarne le rock n’roll aujourd’hui : celui qui ne s’est pas perverti, qui n’a pas profité de sa notoriété pour amasser plus d’argent et se reposer sur ses lauriers, celui qui ne s’est pas fichu des fans et aurait sorti 25 compil pour les 30 dernières années. Il n’est pas celui-là. Il est celui qui continue à 65 ans à tourner sur près de deux cents dates par an. Oui, oui une année n’a que 365 jours. Celui qui consomme une bouteille de Jack par jour et deux ou trois paquets de cigarettes. Celui qui en 2000 a fait un petit malaise et que les médecins ont examiné sans comprendre comment il pouvait encore tenir debout. Celui à qui ils ont dit, « on ne peut vous transfuser avec du sang neuf, cela vous tuerait certainement mais s’il vous plait, par pitié ne donnez jamais votre sang en retour … ».

 

Celui-là qui tient sa basse comme un guitariste et sur 4 cordes nous envoie les riffs les plus simples, les messages les plus directs, nous confrontent à la réalité et nous hurle de nous tenir éveillé face à la locomotive stridente des épreuves du quotidien.

 

Le train de la vie a certainement la tête d’un animal furieux, percé au nez, aux cornes de taureau, casque à pointes bien vissé : le symbole du groupe.

 

Il était dit que je ne voyagerai pas en première aujourd’hui … mais j’ai commandé un verre d’Overkill au bar … et Lemmy a souri.

 

Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Mercredi 26 novembre 2008 3 26 /11 /Nov /2008 10:42
 
Pourquoi Megadeth ?
Petit concurrent et médiatique opposant de Metallica.

Pourquoi Dave Mustaine ?
Il ne représente pas dans le monde du metal un personnage incontournable, une référence absolue, un monument musicalement parlant s'entend. (j'attends des commentaires audacieux sur le sujet)

Mais finalement, il représente une personne libre, qui a toujours réalisé ce qu'il voulait.
Pas forcément toujours dans un état très clair,certainement avec beaucoup d'amertume dans son éviction de Metallica, mais avec sincérité.
Voilà finalement un beau symbole du genre Metal et de l'Artiste en général : un personnage qui ne fait pas l'unanimité, qui est même montré du doigt par certains, admiré par d'autres, qui n'est pas conventionnel mais qui a toujours su conserver une authenticité, une ligne de conduite et un but ultime de faire partager sa musique au plus grand nombre.

A tout le monde : cette chanson touche particulièrement les auditeurs de notre cher pays avec son refrain en français (impossible de trouver pourquoi), dans une langue correcte pour un anglo-saxon.
Elle figure sur le Youthanasia, album de 1994 qui marque un tournant plus commercial du groupe, comme pour tous les groupes de metal de cette époque d'ailleurs, ridiculisés et déboussolés pa la vague néo-punk grunge.

J'ai écouté l'album à cette époque et je ne l'ai pas du tout compris. Je ne me souviens que de la pochette et de la personne qui me l'avait prêté.
Il y a des albums et chansons qui à certains moments de notre vie ne touchent pas. Pour lesquels, nous ne sommes pas prêt. A les ressentir, les entendre. Pa suffisamment vieux ? Pas suffisamment mature ? Trop tôt ? Trop tard ? Quand être prêt ? (cela devient mystique ...)

Et certainement, ici, quelques lecteurs et auditeurs ne comprendront pas. Car, il s'agit bien d'une power-ballad, certes d'un groupe de trash, mais plutôt mainstream quand même. (Ils ont tout de même eu un MTV award à l'époque pour celle-là, c'est pour dire qu'elle paraissait commerciale !)

J'ai choisi la version ré-enregistrée de 2007 plus moderne dans la production et pour une touche "glamour italien" avec la participation de Christina Scabbia, chanteuse de Lacuna Coil : ce qui permet par la même occasion de moins focaliser sur la voix nasillarde de canard sous metadone du Grand Tout Roux.

Lancez la video :


Petite introduction à la guitare sèche.
Petit besoin de se poser tranquillement.
De s'éloigner de la fureur du monde.
De ses crises.
De son travail.  Si capital.
De son capital.

Prendre conscience d'un seul coup, comme après une course de vitesse, un marathon sur un rythme de 100 mètres, que l'on n'est plus dedans. Sentir ce point de côté.
Plus dans le ryhtme du tout, si on ne l'a jamais été.
Pour pasticher une célèbre réplique, réaliser "qu'on est trop jeune pour ces conneries".

Cette chanson est assez mélancolique mais le déclenchement des riffs et de la batterie et l'emballement du tout montrent que cela ne nous abat pas. Cela nous révolte. On ne doit pas se laisser faire. On a envie juste de tout plaquer. Rejeter cette énorme déchet face à nous. Juste prendre du recul. Prendre la pause.

Dave Mustaine dans le tourbillon de la vie d'un groupe de rock a commis cette rupture, brutalement. Il l'a refait en quittant le groupe en 2005 aussi. Il a ré-enregistré cette chanson. Et un adolescent dans un collège à Montréal qui avait provoqué une fusillade et a mis fin à ses jours s'est révélé un inconditionnel de cette chanson qu'il aurait écoutée juste avant. Dave Mustaine a aussitot réagi en refusant cet amalgame fait malgré le ton des paroles de la chanson et a souhaité la reprendre lors d'un concert aux victimes pour en rejeter le contenu négatif et proposer au contraire un message de soutien.
Beaucoup d'autres se seraient juste excusés, effacés, auraient peut-être même pleuré, donné de l'argent à une vague association... Et auraient repris leur attitude faussement hargneuse metal comme si de rien n'était.

Mais ici nous ne sommes pas dans la pose, l'apparence, l'aspect vendeur et marketing.
Cette chanson est un aveu.
Le partage de sentiments et d'instants personnels et intimes. Pas évident de se livrer nu, un instant délivré de toute carapace comme cela. D'écrire cela.
Il ne s'agit pas d'exhibitionnisme pour autant. Mais juste de partage d'instants difficiles, d'émotions intenses.

Souffler.
    Respirer.
        Après une apnée interminable.

Où est la vie là-dedans ?

Souffler.
    Respirer.


Ici dans la musique.
Cette chronique est classée (syndrome de rangement typique) dans la catégorie Metal way of life.
La seule voie diraient certains. Peut-être ...

Souffler.
    Respirer.
A tout le monde,
à tous mes amis,
je vous aime,
je dois partir.
 
 
 
Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 20:49

Une ombre immense. Une forme monstrueuse s'étale sur le sol. L'ombre grandit et s'approche.

Voici donc celui qui surgit. Mr Hyde.


L'autre face des Twisted Sister.


Lancez la vidéo.





Sentez le poids et la lenteur du pas qui s'approche. Voici certainement l'une des plus lentes chansons de Twisted Sister. L'une des plus lourdes et certains diraient l'une des plus malsaines.

Je trouve au contraire qu'elle replace bien les termes du débat en place :


Bienvenue sur cette terre abandonnée.

Ici il n'y a ni travail, ni jeu.

Seulement 5 mots à prononcer alors que vous vous enfoncez aussi bas, bas, bas


Arrêtez-vous de lire. Regardez le compteur des minutes de la chanson. Guettez juste avant 1 minutes 17.  Préparez-vous à augmenter le son. Mettez tous les écouteurs au maximum pour capter le feulement.


Ecoutez au loin ...


La respiration ...


Quels sont ces 5 mots .... ?



Les seuls à prononcer .... ?



Voilà.

You're gonna burn in HELL !

Comment passer du désespoir subi devant une situation ô combien triste et réaliste à la réaction la plus totale, la plus complète, la plus absolue.


Voici l'esprit de révolte qui rugit au travers de Dee Snider. Et c'est pour cela que j'ai retenu la version de l'album Still Hungry qui est une reprise intégrale de l'album Get Hungry de 1984 avec les moyens de production de 2004, lors de leur grand retour.


Ce morceau a d'autant plus de résonances avec tout ce qu'ils ont vécu depuis.

L'expérience des mauvais coups de la vie (non ce n'est pas une citation extraite de la petite Maison dans la prairie).

Certes, on doit jouer avec le feu, tenter sa chance à travers toutes les difficultés qui nous font face. Mais à aucun moment, l'on ne doit craindre de brûler, car il ne faudra jamais rien regretter. Se lancer quelqu'en soient les conséquences matérielles si c'est pour sa passion, sa survie ou ... pour ceux qui ont les idées plus claires : leur destin.


Après tous les solis mélodiques censés rafraichir l'ensemble des circonstances d'un tel maëlstrom de violence, les voix se font unanimes. Les choeurs grondent.


Certes, tu devras affronter la part de diable que tu as en toi. Le Malin te parleras. Mais tu ne penseras pas à la faibllesse qu'il te souffle, à l'abandon qu'il te conseille. Tu te dégageras de son invitation à t'allonger devant les épreuves.


Simplement, tu vivras. Nous vivrons et brulerons pour cela dans l'enfer quotidien qui nous entoure.



Le masque à la main, saluant bien bas, Dr Jeckyll nous a quitté. Le masque tombé dans le caniveau, Mr Hyde s'est relevé.



Je terminerai en pastichant tout le ridicule de la séquence du dialogue d'introduction du précédent morceau des Sœurs Tordues "We're not gonna take it" :



What kind of man are you ?


Who are you ?


Where do you come from ?


What do you want to do with your life ?



I WANNA ROCK
Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /Oct /2008 19:24

Lancez la video :




J'ai en tête plus qu'un hymne : une évidence musicale.

Le thème de ces chroniques est d'exorciser des chansons trop tournantes en tête. En voici le parfait exemple.


Retenez la citation dans le clip du père en colère contre son fils, guitare à la main.


TWISTED SISTER ?!


What kind of man are you ?



Who are you ?


Where do you come from ?


What do you want to do with your life ?



I WANNA ROCK


Titre que l'on entend au début du clip et aussi extrait de l'album Get Hungry. Et seule réponse en ces temps difficiles et pas si rock n'roll.


J'ai choisi le clip d'origine pour illustrer toute la démesure glam metal qui se dégage de ce groupe et de cette époque. Et surtout il apparaît aujourd'hui assez clair qu'il doit être pris au second voire au troisième degré. Ce qui n'était vraisemblablement pas le cas à l'époque et qui a valu tant de difficultés au groupe pour signer sur un label et éditer leur musique.

Car, en effet, le groupe fut fondé en 1973 et cet album (le quatrième seulement) date de 1984 !


Il se place dans la controverse de l'époque sur les "explicit lyrics" qui apparaissent progressivement sur les pochettes de disque et sur le contenu prétendu de messages subliminaux de certaines chansons. Le documentaire Metal : voyage au cœur de la Bête replace très bien dans le contexte cette période assez difficile pour le genre metal.


Mais finalement, le message de Dee Snider, le chanteur et principal compositeur est relativement clair : Il ne faut pas se laisser faire.  Chacun a le droit de choisir sa voie. On a pas de compte à rendre. On est libre de partir.


Ne pas se rendre.


Ne pas se laisser submerger par le stress, les échecs du passé, le contexte et l'ambiance morose. Non, il faut entendre claquer la batterie de Twisted Sister et déployer cet hymne metal et même universel !


Ainsi, dans le clip, les "Sœurs Tordues" apparaissent les unes après les autres à la place des enfants soumis et se révèlent ainsi par le déguisement comme l'essence même de ce qui se cache derrière le masque de la vertu. Ce renversement carnavalesque s'opère, et dans le même temps procède du sacrifice du père tout au long des 3'20 de la chanson. La bonne Morale est passée par la fenêtre, l'Autorité est attrapée par les cheveux et dévalée dans l'escalier. La mise à mort de la figure paternelle est ici parodiée par le fait même que celui-ci se relève à chaque fois, après chaque chute qui aurait dû normalement être la dernière. Il le fait avec une mimique déformée et amusante qui trahit l'esprit originel de ce sacrifice. Cette poupée victime n'a désormais plus rien à voir avec le personnage autoritaire et tyrannique du début. Les Soeurs ont "tordu" la réalité pour mieux correspondre à ce qu'elle devrait être.


Voici brièvement un très modeste interprétation et hommage du Dr Jeckyll qui s'en va de ce pas dans la pénombre d'une ruelle. Attention le chapeau à peine avalé par le brouillard qu'une ombre inquiétante va surgir ...


 


Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /Sep /2008 21:14

A tous les marins d'eau douce !

A tous les flibustiers maroufleurs !

A tous les boucaniers à la patte de lapin !

 

La conquête qui nous attend est une lutte. Elle est un combat de tous les instants, d'une vie.

 

Se prouver à soi-même que sans barbe rousse et avec ses deux yeux intacts on peut faire hurler un perroquet "A L'ABORDAGE !!".

Je suis ce perroquet. Lancez la vidéo.

 

 

Voici pour illustration et inspiration de cette métaphore pirate, Running Wild (dont le nom est certainement tiré de la chanson éponyme de Judas Priest). Le metal teuton des années 80 dans toute sa splendeur.

Ah, l'école allemande ! Ils n'ont pratiquement rien inventé mais ils excellent dans la pratique du genre avec force et bourrinage (bon le cliché, ça c'est fait).

 

J'ai choisi Running Wild, j'aurais pu choisir Accept. J'ai préféré le folklore et l'univers cohérent et courageux développés par les pirates du speed mélodique. Courageux après 25 ans de carrière de conserver le même créneau sans redite, sans lassitude du public et sans honte (bon d'accord un peu de tout cela quand même).

 

Mais pour faire un commentaire moderne et emporter l'adhésion des lecteurs, je dirais qu'ils sont vintage les Running Wild, que pour cela ils méritent d'être redécouverts, telle une île au trésor dont on avait perdu la carte ... exprès ...

 

Conqusitadores ! Extrait de l'album le plus connu du groupe Port-Royal, elle illustre à merveille cette période faste que le groupe connut avec un enchaînement Under Jolly Roger, Port-Royal, Death or Glory en trois ans (1987-1989). Une période riche certainement dûe à la présence du guitariste Majk Moti (le grand brun en cuir et spandex sur la vidéo) qui a su insuffler un nouvel élan mélodique et technique.

 

Conquistadores !

Etes-vous cuir ou spandex ?

Les deux mon général !

 

Cette question fondamentale et peut être même existentielle ne permet aucun choix rationnel.

Mais cette réponse criée haut et clair est bien celle de Rock n'Rolf au chant et à la barre de ce groupe pirate !

 

Ri-di-cu-le ... je l'entends d'ici.

Leur regard sérieux devrait pourtant vous dissuadez de tout quolibet fâcheux.

La piraterie est un art du ridicule dirait le Capitaine Sparrow.

 

Mais derrière le concept original de corsaire metal, la technique et l'exécution sont au rendez-vous. Les riffs, les chœurs, la batterie sautillant avec précision, tout est au service d'un mélodie bien présente, un peu simple mais justement : elle recueille si facilement ainsi l'adhésion.

Tout au service du texte, dirais-je même en bon perroquet à la jambe de bois et au bandeau noir.

 

Conquistadores !

 

Nous sommes tous des conquistadores - libertadores de la vida.

Oui, nous avons trop attendu. Bercés dans nous hamacs au fond de la cale, bercés par le rythme des flots de la vie.

Remontons sur le pont. Branle-bas de combat ! Les femmes et les enfants par dessus bord.

 

Tout le monde à son poste (encore faut-il en avoir un) !

Levez l'ancre ! Larguez les amarres ! Tendez la grand voile !

Qu'a deviné au loin la vigie ? Terre ? Navire ennemi ? Drapeau à tête de mort ?

Qu'importe ! Le temps se gâte. Le tonnerre gronde comme une batterie. La houle ... houle. L'écume aux lèvres, nous attendons le combat.

Les torches de rage vont bientôt allumer les flammèches des canons de mort.

La flamme de vie luit dans l'œil du conquistador qui se retrouve sur la proue. Un cri déchirant de maniaque en état de rage psychotique fend l'air lourd et chargé d'une tension électrique. Ce râle inaudible laisse deviner tout de même 3 mots "Cuir ET spandex".

 

La conquête est bien en marche. Contre les choix quotidiens. Contre la vie d'eau douce. Contre la pétole. Contre le futur et le passé.

Fier et droit dans le présent du combat. Tout bien vêtu de cuir ET de spandex.

 

A tous les marins d'eau douce !

A tous les flibustiers maroufleurs !

A tous les boucaniers à la patte de lapin !

 

La conquête qui nous attend est une lutte. Elle est un combat de tous les instants, d'une vie.

Rien ne doit nous arrêter. Rien ne le pourra.

 

 

"A L'ABORDAGE !!" ressasse le perroquet encore et encore.

 

Tout cela tangue beaucoup ... Je crois que j'ai le mal de mer ...

Ce n'est pourtant pas le moment de salir mes habits de lumière.

 

Je laisserai le mot de la fin à Rock n'Rolf qui comme son nom ne l'indique pas est quelqu'un de sérieux, passionné et profond dans ses paroles :

 

"Strong and proud we'll survive the grief, scream and shout for what we believe".

Ce qui pourrait se traduire rapidement par :
"Même si je vomis pris dans la tourmente de la lutte de la vie, je continue, je le crie et j'y crois".
 
Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /Sep /2008 19:07
Vous sentez l'énervement, la pression, l'agacement monter tout doucement, allegro, au départ, puis un peu plus forte, jusqu'à devenir une lame de rasoir à fleur de peau, fortissimo.
Alors, à défaut de vouloir exploser, il faut se relaxer, trouver un instant zen, un esprit béat, son buddha bar à soi.

Vous pouvez maintenant lancer la musique :


Alors je place un disque de metal sur la platine. Plus la tension nerveuse est élevée, plus la chanson doit l'être pour l'annihiler. Une petite reprise aujourd'hui. Une suprise en réalité : imaginer que quelqu'un puisse surpasser l'original de Judas Priest, Painkiller. Et découvrir ainsi Death. Un roulement de batterie, Gene Hoglan aux futs. Un monstre technique, un ogre classieux (1m91 pour 140 kg tout de même). Puis la montée d'adrénaline vocale. Le regretté Chuck Schuldiner leader et créateur du groupe dans un arrachement d'ongles à la pince velcro (c'est une image).
Tout y est. Une composition sublime et une interprétation de dément.
Je peux commencer à déserrer les machoires. Mes muscles se déraidir. Les yeux mi-clos.

Car qui peut croire que pour se détendre, il faut écouter le chant de baleines agrémenté du clapoti des vagues ?
Non, bien au contraire cela me ferait plutôt penser :
1. A une salle d'attente de médecin dans laquelle je suis depuis une heure et demi, seuls trois patients sont entrés dont une femme avec un nourisson ayant grillé la priorité aux cinq personnes présentes assises qui goutent fort peu le réconfort d'un Sauvez Willy castré et de Paris Match des années 80 ( Quoi, le mur de Berlin vient de tomber et on ne me l'avait pas dit ?!).
2. Une baleine, le clapoti des vagues, paradoxal tout de même ? Cela signifie que l'animal s'est échoué sur la plage; qu'il a préféré se plonger dans un suicide anhydrique qui se prolonge en une lente agonie que l'auditeur ressent au plus profond de lui-même. Mais arrêtez ce massacre !

Non cela ne me calme pas.
Je ne veux pas de vagues, je veux une double grosse (caisse).
Non pas hurler à la mort anhydrique mais un chant d'une beauté hystérique.
Ne pas agoniser lentement dans la folie du quotidien mais démultiplier mes doigts tapotant le clavier comme le manche d'une guitare dans un solo lyrique.
Non pas rester sur une plage mais courir dans les escaliers direction le nirvana d'une quiétude trop longtemps absente.

Assassiner ses maux et leurs sources acides.

Rage. Retrouver l'Espoir.
Fureur. Conquérir la Joie.
Menace. Atteindre la Libération.
Mort. Vie.
6 min 06.
Un six s'est enfui. Les doigts tapent toujours. Mais moins nerveusement.
Pain ô Pain. Piano... Piano...


Je suis un baleinot. J'ai quitté la plage. L'océan metallique brille sous l'astre lunaire argenté. Et je m'amuse une dernière fois à souffler un jet d'eau ... avant de replonger.
Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 22:59

Le choix d'une chanson d'Iron Maiden relève du sacrifice.

Mais ici, le thème, l'élan, la force de ce monument du metal me portent au-delà de toute tragédie.

 

Pilier de l'album mythique The Number of the Beast : album que fit une réputation aussi sulfureuse qu'infondée de satanisme à ce groupe que nous pouvons qualifier aujourd'hui de "bon enfant".

Certes, dans le contexte de l'époque, se référer au Diable soufflait toujours un parfum de souffre sur la société et ses bonnes mœurs. Et la chanson se terminant par Hallowed be thy name "Que ton nom soit sanctifié" : extrait du Notre Père apporte le trouble sur le narrateur qui parle à la première personne.

 

Tonton Steve Harris raconte nous une histoire.

J'ai donc choisi logiquement (et encore) une version live. J'ai hésité à prendre celle de la tournée '82 du Maiden Japan (je crois) : la tournée de l'album et de la chanson en question, qui est vraiment très épurée. J'ai pris le mythique Live after Death et je m'en expliquerai.

 

 

Le bassiste et fondateur du groupe nous fait suivre un condamné à mort le matin de son exécution, ses doutes et peurs sur ce qui l'attend.

Tout est ensuite dans l'interprétation.

Qui a dit que le hard rock était un genre musical où l'on ne parlait que de filles et de bières ?

Moi, peut être... Oui et alors ?

 

Ici, le précurseur et principal représentant de la New Wave of British Heavy Metal, nous livre tout entier une prestation inventive et passionnée.

Avec une construction de chanson au service du texte, loin des standards couplet / refrain, Maiden nous entraine à vivre cette histoire avec le narrateur.


Toute la première partie lente du morceau nous fixe le cadre de détention, la torpeur et la fatigue de sentir la mort si loin et si proche à la fois. J'en connais les paroles par cœur et la peau qui frissonne à chaque fois.

Sa mélancolie se prolonge en une note chantée infinie sur laquelle le rythme s'accélère alors que l'accomplissement de la sentence se rapproche. Mais, le narrateur ne veut pas l'écouter. Je ne veux pas savoir ce qui m'attend.

Si le temps semblait ne plus s'écouler. Si notre jeunesse semblait insouciante. Si nous pensions être des immortels que rien ne pouvait atteindre, le châtiment final nous rattrape.

Et je regarde une dernière fois ce monde qui a tourné très mal pour moi, nous dit-il en substance (et même en paraphrase).

Dans ces derniers instants, on ne réfléchit plus. On refuse, on veut vivre, aller de l'avant. Juste s'échapper, pour continuer comme avant. Mais on ne peut pas. Et c'est plus qu'une impression.

J'aimerais qu'il y ait cette erreur de croire que ce n'est pas pour moi que l'on vient. Mais tout cela nous attend.

Alors Bruce Dickinson, dans cette partie, au chant, se démène, se déchaîne, refuse ce destin, ce chemin imposé. Tel un pantin désarticulé, il s'agite, lève les bras au ciel.

Encore un rêve fou que de se voir mourir ? Alors que le fou qu'il se révèle être devant nous, est bien celui qui dénie l'aboutissement.

 

Cette voie tracée, ce riff déroulé et ces chœurs repris sur cette mélodie ternaire chère au groupe, cyniquement et aujourd'hui presque stupidement, nous révèle que Non, il n'y a pas d'autres issues. Cela parait tellement évident aujourd'hui !

 

Et il termine en s'adressant à nous auditeurs et témoins de sa déchéance lui anonyme, lui dont aucun crime n'est nommé sinon celui d'exister :

Lorsque vous comprenez que le temps tient dans votre main

Peut être commencez vous à comprendre

Que la vie ici bas est juste une étrange illusion.

 

Le choix de l'interprétation n'est pas neutre. Certes, elle n'est certainement pas la plus enlevée, mais elle reste symbolique :  extraite du Live After Death, le premier disque live du groupe. Son premier témoignage d'un véritable groupe de scène. La plus belle des pochettes de Derek Riggs.

La vie après la mort. Pouvoir sur-vivre. Continuer d'exister. Ne pas se laisser abattre. S'effondrer mais se relever. Pour vivre à nouveau.

 

Et je terminerai ainsi par le court poème du fabuleux Howard Philip Lovecraft figurant sur la tombe d'Eddie le mort-vivant, sur la couverture de l'album :

 

"This is not dead

Which can eternal lie

And with strange aeons

Even death may die"

 

Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 13:09
Connaissez-vous Manowar ?



Ah, oui un groupe de hard rock musclé, huilé, tout de cuir et de fausse fourrure vêtu comme au bon vieux temps des années 80. Pas les meilleures années celles-là. Une caricature !
Voilà votre réponse.

Je hurlerais alors : "C'est faux ! Vous avez oublié les magnifiques épées qu'ils brandissent". Tout tremblant d'émotion et de partialité que je suis.

L'idée n'est pas d'entamer un procès d'intention au bon goût, à l'apparence, à la différence affichée mais toujours de dépasser ces préjugés et de s'intéresser au pourquoi. Comme le fait le formidable documentaire sociologique "Metal : dans la tête d'un headbanger".

Pourquoi avons-nous ces chansons en tête ? Pourquoi pouvons-nous trouver du réconfort ou toute autre émotion dans cette musique ? Pourquoi nous parle-t-elle et pourquoi nous y retrouvons-nous ? Pourquoi moi-même ne pourrais-je avoir aussi d'épée fabuleuse ?


Sur le premier album du groupe, Battle Hymns, Metal Daze  donne des réponses certaines et simples.

La chanson Manowar précise qui sont les protagonistes.
Et finalement, la chanson éponyme, Battle Hymn, dernière de l'album transcende le reste :


A tout moment, cette chanson nous livre le sens de chaque jour. Dans la rue (encore). En partant au travail où l'on se demande, encore plus qu'à un autre moment, ce que l'on fait vraiment là.
Dans l'adversité. Dans le désespoir. Dans l'inquiétude de ne pas trouver de réponse.


Cela commence sur quelques notes qui laissent ces interrogations.
Et ensuite, comment cela doit-il être ?
Epique. Juste épique.


Nous sommes 10 000 aujourd'hui à partir au combat. Sur un hymne de guerre. Tous dirigés vers le même but. Pour la même cause. Tous unis. Nous avons cette force.


Le temps de l'affrontement est venu. Et nous sommes présents. Nous ne partons pas vainqueur. Et c'est dans cette bataille que nous devons nous révéler. En être fier pour se lancer à l'assaut du monde.
Tuer.
Vaincre.
Et tuer.
Ces ennemis. Ses démons.


Un break. A cette cavalcade épique. A cette marche forcée qui nourrit de force et de courage.
Une respiration poétique. Quelques instants contemplatifs. Comprendre la difficulté du chemin emprunté. D'étranges pertes au cours de cette lutte. Des morts. Subies. Source de souffrance. Notre famille. Nos amis.
Des pertes de repères. De l'espace. Du temps.
Vouloir comprendre plus dans cet arrêt... Avant d'attraper le vent. L'élément de la vie et du mouvement. Et repartir. (déjà ?)


Dans un tremblement de tambours. Dans un cri déchirant. Dans une spirale de notes de guitares. Un vortex. Un œil de cyclone qui nous aspire et nous soulève. Nous ramène au combat quotidien. De devoir tuer. Sans regret. Pour la même cause.


Mais nous ne sommes pas seuls.
Nous sommes 10 000 aujourd'hui à partir au combat. Sur un hymne de guerre. Tous dirigés vers le même but. Pour la même cause. Tous unis. Avec des amis. D'autres combattants, des warriors. Side by side.


Nous avons cette force. Et cette chance.

Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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