Partager l'article ! Diamonds and rust : reviennent la nostalgie et les regrets: Voici encore une fois une reprise. Une chanson de Joan Baez. Des gui ...
Voici encore une fois une reprise. Une chanson de Joan Baez. Des guitare-voix et texte poétique bien avant le 21ème siècle qui redécouvre ce genre ingénument et sans humilité.
Pour une fois la chanteuse engagée politiquement, se livre plus directement. Il s'agit plus d'un témoignage, d'une prise à partie d'un vis-à-vis, que l'on découvre peu à peu.
J'ai choisi la version de Judas Priest pour son énergie, son intensité et parce qu'elle est extraite du Unleashed in the East, l'un des plus grands albums live de metal. Et peut être l'un de ceux qui contient le plus d'overdub, railleraient certains. Mais peu importe l'émotion est bien présente.
Cette chanson aurait été écrite par Joan Baez dix ans après sa relation avec Bob Dylan et s'adresserait directement à lui. Elle fait suite à une reprise de contact que ce dernier aurait tenté. Elle-même l'aurait démentie apparemment pour ne pas froisser son compagnon d'alors. Cette reprise gagne en relief, en intensité et en mystère lorsque l'on sait que le nom même de Judas Priest est tiré de la chanson de Bob Dylan : The ballad of Franckie Lee and Judas Priest. Les pourfendeurs de la New Wave of British Heavy Metal (genre ainsi dénommé par un journaliste ... comme toujours) ont bien traversé les ages du rock pour évoluer vers la sphère metal qu'ils subliment. Ici et maintenant.
Cette chanson traduit bien un exutoire, une prise à parti d'un interlocuteur qui serait donc un amour perdu.
Lancez la vidéo qu'elle se livre à nous :
La guitare roule sur elle-même alors même que les souvenirs reviennent en mémoire. Tourné vers le passé, dans une discussion sans fin avec lui, les échanges se multiplient et le brouillard s'épaissit sur sa réalité. Que garder des émotions, des rencontres, des échanges, de l'intensité du passé ?
Le meilleur : les diamants ?
Le pire : la rouille ?
Les deux s'entre-mèlent. La chaleur s'accentue avec le rythme de la discussion.
Et si l'amertume veut l'emporter parfois, les bons moments rattrapent les pensées avant qu'ils se traduisent en paroles blessantes.
Mais cette version doit nous apprendre de ces expériences.
L'on écoute le Priest, plus volontairement que Joan Baez. Nous ne sommes plus dans une position mélancolique d'épanchement sur soi-même et sur ce que l'on a vécu.
Les guitares hurlantes veulent briser cette hypnose, pour que l'on sorte de ce rêve du passé, que l'on termine cette apnée interminable avec lui pour se révolter. Lui dire combien cela fait souffrir. Que l'on ne pourra plus rien subir ainsi. Qu'il faut continuer à avancer. Que même si on va tous en souffrir, il faut passer à autre chose. Pour se dépasser soi-même.
Et c'est bien dans un accès de violence metal que cette révolte peut s'opérer plus que dans une folk song par ailleurs toute mignonnette.
Il ne s'agit bien plus d'être l'ombre de ce que l'on a été avec celui à qui on s'adresse. Mais d'exister par soi-même. Pour soi-même.
Car l'on sait tous les deux que revenir sur ce passé commun, si douloureux et si beau, n'éclairera pas de sa flamme l'avenir, car celle-ci s'est déjà et depuis longtemps éteinte.
Certes on a envie parfois de s'y raccrocher. Le Priest ne veille pas tout le temps sur nous. Et l'obscurité peut être glaciale et nous transpercer. Rien ne sert de souffler sur les braises du passé.
Redressons-nous. Sortons de cette cachette de souvenirs.
Plusieurs frères et amis sont là. Nous attendent. Dressent leur main. Les joignent sur leur bras en signe de ralliement.
Il n'y a pas vraiment de conclusion à cela, car cela n'est jamais fini. Il faut apprendre à vivre avec ces diamants et cette rouille. Les conserver au fond de la poche. Et continuer son chemin ...
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
Ma Bohème
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