Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 00:25

Blaze Bayley. Qui est-il, demanderait n’importe qui ?

 

Le troisième chanteur d'Iron Maiden, précédent chanteur de Wolfsbane et officiant actuellement dans un groupe au doux et subtil nom de Blaze. Voilà ce qui serait répondre n’importe quoi.

Car il n’est pas que cela. Il est un chanteur qui a voulu exister après avoir connu la gloire, le zénith, le firmament, l’olympe de la musique.

Il a été désavoué pourtant. Mais il a choisi d’être lui ensuite. Juste lui. De le redevenir.

 

Pourquoi l’avoir choisi en particulier ? Pourquoi lui, alors qu’ils sont si nombreux à avoir été récupérés par un grand nom de groupe, à avoir fait sa fortune et sa renommée (plus ou moins). Tout cela pour ensuite être délaissé par celui qui voulait retrouver le doux parfum évanescent d’un succès passé et quelque peu fané.

Pourquoi pas Ripper Owens (doublement même) ? Pourquoi pas John Bush ? Pourquoi pas n’importe quel chanteur d’Annihilator ??

 

Parce que Blaze est celui qui n’a pas voulu mourir, alors que c’était à sa portée, si bas tombé. Parce qu’il n’a pas voulu se laisser abattre alors qu’il a été jeté en pleine écriture d’album. Celui-là qui a continué en roue libre sur sa lancée aveugle sans comprendre ce qui lui arrivait tout enivré qu’il restait. Celui qui s’est alors réveillé dans le caniveau d’une favela brésilienne un beau matin sans savoir ce qu’il faisait là. Sans savoir. Il a choisi de devenir alors celui qui ne veut pas mourir.

 

A tous ceux qui ont connu des frustrations, des déceptions, qui ont cherché la force, elle vous est ici livrée brute, écorchée, criée. Cliquez dessous et captons cette énergie.

 

 

 

 

 

Aucune introduction. Un premier titre d’album qui déballe le matos à même le sol : un riff semblable à de larges battoirs secouant la poussière de ce tapis dessous, trop mou, trop vieux.

 

Et une ligne vocale qui interrompt aussitôt le tout. Un chant, un hélèment qui arrête l’attention de tous les badauds badins et ramasse en un souffle pourquoi il est là et nous apostrophe ainsi :

 

J’étais celui qui avait la corde au cou

Celui qui s’était emporté dans un tourbillon de rêves et chimères.

Ceux qui désormais me choquent.

 

J’étais le pendu

et je veux retrouver mon souffle

 

Je veux revivre et reprendre les choses en main. Simplement dit. Pas si simple à faire.

 

Comment me direz-vous ?

Certains choisissent de danser comme ces pendus pour retrouver la trace de leur bourreau, mais le nœud se resserre. D’autres choisissent la non violence d’un masque sans visage et sans encoches pour voir, pour comprendre et affronter l’essentiel.

 

Mais.

 

Il y a celui qui se redresse.

 

Maudit par la vie, semblait-il. Toujours condamné à retomber dans les mêmes schémas, quoi qu’il tente, quoiqu’il vive de pourtant exceptionnel.

Cette malédiction qui semblait toujours revenir à lui rampante. S’accrochait à ses chevilles pour le faire tomber à genoux, à terre. Sur ce vieux tapis poussiéreux.

 

Il faut alors lui assener des coups de battoir. Et lui répéter :

 

I am the man who would not die.

 

Un mantra. Un ordre donné à soi-même.

Pour ne pas se laisser aller à la déchéance. Pour éviter les tourbillons cyclopiques.

 

Je suis celui qui ne veut pas se laisser aller.

 

Je suis celui qui choisira son chemin.

 

C’est l’hymne à la foi. Foi dans cette musique. Foi dans LA musique.

Dans l’énergie qu’elle nous transmet. Dans ce que nous pouvons accomplir grâce à elle. D’une certaine manière elle est la voie du salut.

 

Blaze conclut sur le même ton que son introduction. Il a fait sa démonstration. A terminé ses 4’37 d’œuvre. Une dernière fois avec plus de poids, moins de fraîcheur, plus d’intensité, de lenteur. Il prêche, transmet et gicle cette énergie ? La délivre et s’en délivre pour nous la communiquer toute entière.

 

Nous avons connu la chute. Nous nous relevons avec lui, arrachons ce flambeau de vie qu’il nous tend, l’approchons de notre visage pour découvrir un rictus carnassier et le reflet de cette flamme dans notre œil électrique.

 

Je suis celui qui ne veut pas mourir. Et je compte bien vous le prouver.

Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Samedi 31 juillet 2010 6 31 /07 /Juil /2010 02:54

 

Pour recommencer ces chroniques, encore et encore, j'ai choisi une chanson de System of a Down. Non la plus connue (son tour viendra) ni la plus commerciale, mais celle du moment présent. Celle qui retranscrit l'âme de derviches tourneurs arméniens que sont les SOAD. Celle qui définit au mieux leur musique, cassée, harmonieuse, odieuse, envoutante.

 

Enclenchez la lecture et laissez s'envoler les petits carreaux de mosaïque fragmentés de musique- miroir de notre esprit.

 

 

 

 

 

Le borborisme d'une basse remonte de nos entrailles sans savoir distinguer ce qui nous arrive. Jusqu'à la pointe du geyser qui surgit en crissements de guitare sulfuriques.

Pour une fois chez SOAD, la batterie est effacée de l'introduction. Elle ne martèle pas les quelques pas cadencés qui nous donnerait le tempo de la folie qui nous attend.

 

Elle ne vient qu'en soutien de la voix de Serj Tankian. Elle est son corps. Il est sa tête. Schizophrénique ? Ou autiste ?

 

Psalmodiant dès le départ un mantra spectral : le hurlement du Bisounours-acide en sprint sur un anneau saturnal :

 

Psycho

Groupe

Cocaïne

Crazy

 

Et le vide interstellaire qui l'entoure n'est pas le silence de Kubrick mais une décharge électrique de batterie.

 

Le cercle des bureaux s'étire devant nous et nous tournons encore pour de nouveaux dossiers mais certains changent. Je reconnais de moins en moins de visages. La ronde continue pourtant insensible et mécanique.

 

Psycho

Groupe

Cocaïne

Crazy

 

Ne pleure pas.

 

Veux-tu t'arrêter pour voir le spectacle qui t'entoure ou continuer ?

La représentation de cette foire ténébreuse nous laisse seul jongler seul sur le gros ballon, cherchant son équilibre sans fin. Alors continue ...

 

Psycho

Groupe

Cocaïne

Crazy

 

 

Cette crise syncopée nous projette en avant, sur nous-mêmes, subissant les G de cette force déglinguée.

 

L'important ce n'est pas la vitesse, c'est l'accélération.

 

Psycho

Groupe

Cocaïne

Crazy

 

 

Veux-tu t'arrêter pour voir le spectacle qui t'entoure ou continuer ?

Et voir ton corps et son squelette mou panteler, se voir et s'étonner du trou noir et des cordes de guitare qui veulent relancer la machine ? Ou continuer ?

 

Tu n'as pas besoin de faire le fou farfelu pour être

 

Psycho

Groupe

Cocaïne

Crazy

 

 

Ces cordes d'un Daron Malakian tout révulsé dans la concentration sur son instrument. Il ne s'éparpille plus, elles nous pressent,s 'agitent, se contorsionnent.

 

 

Quand alors, elles, 6 ou 26, en cet instant (2'48), entrent en résonance dans une gamme d'harmonie salvatrice, elles nous projettent sur notre esprit-soucoupe volante et dans un ronronnement électronique nous fait grimper bien haut :

 

parmi les singes de l'espace,

                                                les trois qui ne voit, ni n'entend, ni ne parle :

                                                                                                                        le singe vert, psycho-pompe de l'espace.

 

Une harpe s'étire en un escalier malicieux, tournicoteur et si sublime et majestueux. 

 

                                              Vers la grande porte du chaos inachevé.

                                                                                                                        La promesse de perfection.

Par Croon
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 13:34

Une reprise. ENCORE !

De Metalium. "Tout un programme" pensez-vous déjà.

 

Pêché de jeunesse. Dois-je m’excuser d’avoir découvert les classiques au travers des reprises de groupes inspirés plusieurs années après qui leur rendent hommage et veulent perpétuer ces chansons fondamentales ?

 

Seule compte la musique.

 

Et encore une fois la nouvelle interprétation m’aide … à mieux comprendre le sens de ce jour, de cette semaine, de ce mois passés.

 

J’avais évité Udo Dirkschneider et ses comparses ICI. Ils me rattrapent en ces temps durs-tendus.

Burning, chanson d’Accept, groupe allemand ni hard rock ni metal. D’une fusion hybride, et sans plus qualifier leur genre pour ne pas enfermer cette fable dans des a priori, lancez la chanson :

 

 

 

 

Un titre … Brûlant … comme l’actualité … comme ils qualifient les dossiers quotidiens dont ils veulent nous asséner.

Un titre basique plus que poétique.

Un riff de guitare, plus qu’une mélodie.

 

J’entends cette guitare, et je la connais, elle veut m’emmener au bout de cette nuit …

 

Brûle, brûle comme le feu, comme dans un quotidien-carcan, un bureau trop serré dont les murs se referment sur nous jour après jour.

Suis-je un simple bâton d’encens pour consumer ainsi lentement et si fluettement que personne n’en serait plus importuné que cela ?

 

Ce son sort et veut casser toutes les portes et comme un tremblement de terre exploser ton cerveau. Fais le encore, ce pouvoir est si naturel …

 

Il nous compresse. Il nous consume.

Nous le crapaud crapotant doucement dans sa mare

Brûlé par un feu acide intérieur, je ne réponds que par des coassements au mieux risible au pire complètement stupide.

"Comme cette ritournelle que vous composez" me diriez-vous.

 

C’est pas faux. D’une certaine manière oui. De cette manière lancinante, répétitive, amicale et enjouée au demeurant mais terriblement pesante tout au long de ces 5’27.

 

Alors se pose un chœur, un groupe, un collectif en écho dont on recherche la provenance. Pour lui demander du soutien, au quotidien, … s’il vous plait … mais la timbale claque et le  Burning siffle !

Une, deux, trois, quatre fois.

 

Le crapaud n’est pas buffle. Il a laissé le scorpion s’installer sur lui pour traverser ces épreuves – qui devaient être courtes – mais vous connaissez déjà la fin de cette fable…

 

Tout ne se passe pas comme prévu.

 

Et là l’interprétation de Metalium révèle la conclusion qu’Accept endormait en baissant le volume sans donner de morale à cette histoire. Pour nous faire croire que tout cela pouvait recommencer et que nous pouvions nous en saisir pour échapper à cette combustion spontanée qui nous guette.

 

Metalium et dix ans de metal archétypal et trop certainement cliché transcendent le morceau et nous emportent dans un souffle de lumière sonique. A 4’56.

Dans un tapping epictoidal, mis en exergue par la déflagration sonore d’une double grosse caisse qui l’accompagne, Metalium nous montre que le feu qui dévore a éclaté et a révélé l’envol du scorpion en une fumée fantomatique.

 

En psychologie du travail, on appelle cela un burn out.

 

Accept

Puis Metalium.

La fable

Et sa morale.

 

 

Après une semaine de vacances où en serons-nous ?

Par Croon
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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 21:27

Une exception à une règle tacite de ces chroniques : ne pas illustrer deux chansons d’un même groupe.

Mais l’heure est grave et tardive.

 

Helloween et son chanteur de l’époque Mickael Kiske. Le seul, l’unique crieront les puristes.

A l’heure même où le groupe se lance dans une nouvelle opération commerciale et réenregistre ses classiques avec de nouveaux arrangements à base de comptines d’enfants … et ainsi perdent leur pari avec le diable et certainement iront en ENFER !!! (pardon l’émotion est trop grande après une écoute dudit massacre), à cette seconde même, l’on se dit aussi que cette histoire n’est pas juste.

 

Mickael Kiske donc qui se hisse encore en 1ère place de mon top 5 des meilleurs chanteurs de metal. Allez ! Vous tous l’avez fait, choisir son top 5 du meilleur groupe, du meilleur chanteur, du meilleur album, les 5 albums que l’on prendrait sur une île déserte … équipée d’un lecteur de musique et de batterie quand même …

 

Mickael Kiske qui a commencé à 17 ans avec Helloween et a propulsé le groupe à son plus haut firmament ; a ensuite décidé de changer de voie et de ne plus toucher à ce type de musique « extrême ». Il y a mis fin. Pour lui. Comme cela tout simplement après avoir poussé peut être un album de trop. Ou peut être en manque-t-il un …

 

Et pourtant … lancez la chanson :

 

 

 

 

 

 

Cette chanson qui a le record du nombre de semaine en tête du hit parade … en Corée !

Et cette histoire ici narrée est celle d’une fin, de LA fin de l’aventure.

 

Mes chers amis, mes chers collègues, ce que l’on a vécu est formidable mais tout s’arrête ici et maintenant et il faut que je passe à autre chose.

Cela nous arrive à tous. Au boulot, les pots de départ festivisent ces fins trop rapides et trop brusques. Mais la réalité moins déguisée montre une fin plus tranchante. Un abandon plus soudain.

La vérité apparaît plus volontiers sans ces rassemblements de cotillons et assiettes en carton.

Un vide implose.

Il faut continuer, abandonnés, tous esseulés.

Cela provoque au départ une certaine colère, un overkill mais rapidement, la tension chute. L’hypoglycémie lentement progresse et nous conduit à une léthargie, une amorphie, une lente et profonde plainte. Et ce cri gicle alors, le plus déchirant qu’il soit comme ce refrain.

Car, finalement, ce qui apparaît dans la vie de bureau est bien que personne n’est irremplaçable. Oui, tout continue, tout le monde en prend son parti. Tout le monde poursuit son travail et endosse la masse supplémentaire sur son dos rond. Et le tragique strident qui surgit est bien dans cette prise de conscience.

 

Dans le quotidien des bureaux alors qu’une page se tourne, un projet aboutit et les équipes vont changer, on ne s’y résout pas. Il y a encore trop de chantiers à mener, trop de défis à relever, trop de travail pour ceux qui restent ...

 

Et si Mickael Kiske a laissé orphelin un genre musical et s’est éloigné avec sa virtuosité, ses brèves apparitions à des projets metal ponctuels (Avantasia, Masterplan …) devraient encore nous donner une idée de l’absolu. Mais non.

Nous laisser croire à une certaine grâce … et l’on regarde le ciel … mais non, encore et toujours le couperet s’érige devant nous et une nouvelle fois il s’abat sur nos espérances. Il nous prive de paradis et nous ramène au quotidien si terrien.

Il nous prive d’horizon, celui devant lequel nous voulions nous étendre pour voir descendre plus lentement notre soleil et cette histoire.

Mais il fait déjà nuit noire.

Alors qu’il commence à faire froid, que l’on frissonne déjà, il faut se relever et reprendre la route ; une route si solitaire et si mal éclairée tout à coup…

 

Get the road Jack … don’t you come back … no more ?

 

Par Croon
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 12:43

Motorhead pour revenir aux affaires.

Motorhead pour exprimer encore à nouveau ce qui trotte, court, galope dans ma tête.

 

Motorhead, synthèse, essence même de ce qui nous amène ici, chaque jour dans le travail comme dans la vie réelle à être confronté à plus que l’on ne penserait pouvoir supporter.

 

Comme cela (lancez la vidéo) :

 

 

 

 

Un roulement de tambour qui dès le départ nous écrase, nous plaque au mur, nous prend à la gorge et aux tripes.

 

Une basse en forme de guitare rythmique qui commence ensuite à nous montrer les réelles intentions de cette prise en main particulièrement féroce.

 

J’ai choisi cette vidéo et version originelle de 1979 pour bien montrer l’intensité de la déflagration de l’époque.

1979, au milieu des Bee Gees et de Bob Marley, Motorhead montre la voix à ce qui deviendra le speed, le trash, et tous les sous-genres du métal ensuite.

Et tout cela avec l’esprit punk du moment. Soit une désinvolture à toute épreuve et aucune intention de se fier à quiconque ou n’importe quoi d’autre.

 

Si tu ressens le rythme, cela va te rentrer jusque dans l’épine dorsale. Te secouer la tête. Te prendre aux …

Oui, le Motorhead n’est pas des plus délicats mais ancre la réalité, toute sa puissance et son énergie la plus néfaste dans nos chairs les plus vives, nos plaies les plus ouvertes et saignantes.

 

Motorhead est le sel de l’ennui, de la politesse, du train-train quotidien.

 

Overkill est bien ce que nous recevons à chaque pas, « un excès au-delà de ce qui est nécessaire ou approprier pour parvenir à la fin ». A notre fin.

Se faire renverser à chaque instant par des événements qui lancés à plein régime, ne s’encombrent pas que nous soyons restés sur les rails, un peu trop longtemps à jouer … si innocemment.

Une fois à terre, sonnés, sans bien réaliser encore ce qu’il vient de nous arriver, on pourrait penser que c’est terminé. Non, comme à 3’16 de la chanson, cela repart, un nouveau roulement nous emporte, nous dévaste.

Lemmy Kilminster, le leader et bassiste du groupe a emprunté le nom à la chanson qu’il avait écrite et interprétée pour son précédent groupe Hawkwind pour en faire le nom de son groupe : Motorhead, vieille expression anglaise pour désigner un accroc aux drogues dures.

 

A la croisée des chemins de certains excès mais pas forcément de tous, pour Dave Grohl (ancien batteur de Nirvana) Lemmy seul représente et incarne le rock n’roll aujourd’hui : celui qui ne s’est pas perverti, qui n’a pas profité de sa notoriété pour amasser plus d’argent et se reposer sur ses lauriers, celui qui ne s’est pas fichu des fans et aurait sorti 25 compil pour les 30 dernières années. Il n’est pas celui-là. Il est celui qui continue à 65 ans à tourner sur près de deux cents dates par an. Oui, oui une année n’a que 365 jours. Celui qui consomme une bouteille de Jack par jour et deux ou trois paquets de cigarettes. Celui qui en 2000 a fait un petit malaise et que les médecins ont examiné sans comprendre comment il pouvait encore tenir debout. Celui à qui ils ont dit, « on ne peut vous transfuser avec du sang neuf, cela vous tuerait certainement mais s’il vous plait, par pitié ne donnez jamais votre sang en retour … ».

 

Celui-là qui tient sa basse comme un guitariste et sur 4 cordes nous envoie les riffs les plus simples, les messages les plus directs, nous confrontent à la réalité et nous hurle de nous tenir éveillé face à la locomotive stridente des épreuves du quotidien.

 

Le train de la vie a certainement la tête d’un animal furieux, percé au nez, aux cornes de taureau, casque à pointes bien vissé : le symbole du groupe.

 

Il était dit que je ne voyagerai pas en première aujourd’hui … mais j’ai commandé un verre d’Overkill au bar … et Lemmy a souri.

 

Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /Nov /2008 15:36

J'ai choisi cet extrait de la Bande Originale du film de Gus Van Sant : Last days. Je n'ai pas les paroles en tête, juste l'impression collée aux tripes que cette chanson m'a laissée.

Contemplation mélancolique inspirée de la vie de Kurt Cobain.
Dans un dernier retour à la nature, un repli loin d'un monde trop oppressant, sur le rythme noncha-lent initié sur Elephant, ce film resacralise tout ce que nous avons jeté à terre.
Et la musique en fait partie.

Voici une composition de Mickael Pitt, interprète du film et de la chanson. Lancez la musique :



Dans le vent, les histoires
soufflent
La foret vibre et une feuille
s'anime
sous l'orée, sans lumière
suinte

Sur les cimes ou dans le noir,
souffre
sans soi mais dans le deuil
sans rime
couché, couché sur la terre
éreinte

le coeur, le coeur qui serre
maintes
fois resté sur le seuil
de l'abîme
coulé dans le sentiment du soir
ce gouffre ...

sous l'orée, sans lumière
suinte
la foret, vibre une feuille
et s'anime
Dans le vent,               
                                  les histoires
                                                                            soufflent.
 
 
Par Croon
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Mercredi 26 novembre 2008 3 26 /11 /Nov /2008 10:42
 
Pourquoi Megadeth ?
Petit concurrent et médiatique opposant de Metallica.

Pourquoi Dave Mustaine ?
Il ne représente pas dans le monde du metal un personnage incontournable, une référence absolue, un monument musicalement parlant s'entend. (j'attends des commentaires audacieux sur le sujet)

Mais finalement, il représente une personne libre, qui a toujours réalisé ce qu'il voulait.
Pas forcément toujours dans un état très clair,certainement avec beaucoup d'amertume dans son éviction de Metallica, mais avec sincérité.
Voilà finalement un beau symbole du genre Metal et de l'Artiste en général : un personnage qui ne fait pas l'unanimité, qui est même montré du doigt par certains, admiré par d'autres, qui n'est pas conventionnel mais qui a toujours su conserver une authenticité, une ligne de conduite et un but ultime de faire partager sa musique au plus grand nombre.

A tout le monde : cette chanson touche particulièrement les auditeurs de notre cher pays avec son refrain en français (impossible de trouver pourquoi), dans une langue correcte pour un anglo-saxon.
Elle figure sur le Youthanasia, album de 1994 qui marque un tournant plus commercial du groupe, comme pour tous les groupes de metal de cette époque d'ailleurs, ridiculisés et déboussolés pa la vague néo-punk grunge.

J'ai écouté l'album à cette époque et je ne l'ai pas du tout compris. Je ne me souviens que de la pochette et de la personne qui me l'avait prêté.
Il y a des albums et chansons qui à certains moments de notre vie ne touchent pas. Pour lesquels, nous ne sommes pas prêt. A les ressentir, les entendre. Pa suffisamment vieux ? Pas suffisamment mature ? Trop tôt ? Trop tard ? Quand être prêt ? (cela devient mystique ...)

Et certainement, ici, quelques lecteurs et auditeurs ne comprendront pas. Car, il s'agit bien d'une power-ballad, certes d'un groupe de trash, mais plutôt mainstream quand même. (Ils ont tout de même eu un MTV award à l'époque pour celle-là, c'est pour dire qu'elle paraissait commerciale !)

J'ai choisi la version ré-enregistrée de 2007 plus moderne dans la production et pour une touche "glamour italien" avec la participation de Christina Scabbia, chanteuse de Lacuna Coil : ce qui permet par la même occasion de moins focaliser sur la voix nasillarde de canard sous metadone du Grand Tout Roux.

Lancez la video :


Petite introduction à la guitare sèche.
Petit besoin de se poser tranquillement.
De s'éloigner de la fureur du monde.
De ses crises.
De son travail.  Si capital.
De son capital.

Prendre conscience d'un seul coup, comme après une course de vitesse, un marathon sur un rythme de 100 mètres, que l'on n'est plus dedans. Sentir ce point de côté.
Plus dans le ryhtme du tout, si on ne l'a jamais été.
Pour pasticher une célèbre réplique, réaliser "qu'on est trop jeune pour ces conneries".

Cette chanson est assez mélancolique mais le déclenchement des riffs et de la batterie et l'emballement du tout montrent que cela ne nous abat pas. Cela nous révolte. On ne doit pas se laisser faire. On a envie juste de tout plaquer. Rejeter cette énorme déchet face à nous. Juste prendre du recul. Prendre la pause.

Dave Mustaine dans le tourbillon de la vie d'un groupe de rock a commis cette rupture, brutalement. Il l'a refait en quittant le groupe en 2005 aussi. Il a ré-enregistré cette chanson. Et un adolescent dans un collège à Montréal qui avait provoqué une fusillade et a mis fin à ses jours s'est révélé un inconditionnel de cette chanson qu'il aurait écoutée juste avant. Dave Mustaine a aussitot réagi en refusant cet amalgame fait malgré le ton des paroles de la chanson et a souhaité la reprendre lors d'un concert aux victimes pour en rejeter le contenu négatif et proposer au contraire un message de soutien.
Beaucoup d'autres se seraient juste excusés, effacés, auraient peut-être même pleuré, donné de l'argent à une vague association... Et auraient repris leur attitude faussement hargneuse metal comme si de rien n'était.

Mais ici nous ne sommes pas dans la pose, l'apparence, l'aspect vendeur et marketing.
Cette chanson est un aveu.
Le partage de sentiments et d'instants personnels et intimes. Pas évident de se livrer nu, un instant délivré de toute carapace comme cela. D'écrire cela.
Il ne s'agit pas d'exhibitionnisme pour autant. Mais juste de partage d'instants difficiles, d'émotions intenses.

Souffler.
    Respirer.
        Après une apnée interminable.

Où est la vie là-dedans ?

Souffler.
    Respirer.


Ici dans la musique.
Cette chronique est classée (syndrome de rangement typique) dans la catégorie Metal way of life.
La seule voie diraient certains. Peut-être ...

Souffler.
    Respirer.
A tout le monde,
à tous mes amis,
je vous aime,
je dois partir.
 
 
 
Par Croon - Publié dans : Metal way of life
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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /Nov /2008 18:38
J'avais promis d'y revenir.
Helloween.
A la Grande période. Les Keeper of the seven keys. Deux albums mythiques pour le speed mélodique et le metal en général.
Deux albums qui n'auraient dû être qu'un.

O logique commerciale. O label frileux qui n'a pas osé prendre le risque de sortir un tel pavé.


Au final. L'alchimie du Dr Stein réalisée par Mickael Kiske à la voix, Kai Hansen et Mickael Weikath aux guitares sonne juste tout simplement. Certes la production est un peu datée sur les chœurs et différents bruitages mais l'ensemble reste d'une incroyable modernité.


I want out. Ecrite par Kai Hansen représente certainement un signe de son départ du groupe dans les mois qui suivirent pour les fameuses et si délicieuses "divergences musicales". Lui le créateur de la citrouille farceuse. Lui le fondateur d'un happy metal. Lui le parrain qui aide tous les jeunes groupes germaniques par une compo, une participation vocale, un solo. Lui le DJ metal dans les boîtes de Hambourg (si, si c'est vrai !).


Il était nécessaire qu'il lui soit rendu hommage ici. Même si mon goût prononcé pour la voix de Kiske aurait pu me conduire vers une autre composition de ce dernier. Mais le temps viendra.

Le temps viendra.


I want out. Lancez la video.






Cela commence avec un riff si simple, un enchaînement de notes si facile à reconnaître et à s'incruster dans le crâne au marteau-pilon que cette chanson devient aussitôt une évidence.


Sortir de là.

Et l'on comprend tous ce que Kai a ressenti.

Vouloir s'affranchir d'une trop forte pression. D'une situation invivable.

Et l'on aimerait courir si nos jambes ne se dérobaient pas sous notre poids.

Courir sur ce rythme effréné que nous impose le Kai.


Alors que cette impression monte progressivement, en un seul instant elle se révèle. Il faut sortir de là. Cela ne peut continuer.

Tous nous avons connu cela dans le travail. Des échéances. Le temps qui presse et compresse. Des personnes indélicates qui ne graissent pas les rouages de cette horloge mais qui jettent de véritables barres de fer dans la mécanique ... humaine.


Nous ne sommes pas des machines ... pas toujours. Si peu Iron Man.


Une cassure dans cette course. Un point de côté. Juste le temps de regarder de part et d'autre. De se regarder dans cette folie. La comprendre dans une cascade de notes de guitares. Un solo fluide. Qui veut nous apaiser.


Prendre le temps. Comprendre.


Laissez moi seul.


Je veux tout quitter.


Laissez moi seul.


Je veux partir ... et être libre


Kiske transcende de son cri cette réalité qui apparaît sous pression.



Mais sommes-nous lucides dans ces conditions ?

Certainement pas. Mais l'on veut aussi y mettre fin pour retrouver de cette clarté.


Kai Hansen a quitté le groupe. Il a retrouvé sa liberté. Il a fondé Gamma Ray. Il nous fait découvrir Ralf Sheepers.

Pour écrire de merveilleux albums. Accentuer une concurrence dans le metal allemand.

Mickael Kiske a quitté le groupe trois ans après. Pour "divergences musicales". Les éternelles, si belles, si poétiques et si mystérieuses "divergences musicales".


Tout cela ressemble à un happy end, n'est-ce pas ? Mais n'avons-nous pas perdu avec cette formation mythique de la fin des années 80 ?


Helloween aurait pu devenir le plus grand groupe de metal du monde.

Avec non pas un duel McCartney/Lennon mais une friction/émulsion encore plus grande dans le triumvirat Kiske/Weikath/Hansen.


Voilà le défi. Voilà ce qui est ressorti de beau.

Si la musique est parfois un cri qui vient de l'intérieur (comme c'est bô ...), elle est toujours plus belle réalisée dans la douleur. Cela n'engage que moi. Et j'écris ce que je veux !


Attention. Je vais finir par me transformer en guimauve hurlante avec de telles diatribes.

Bientôt un titre unplugged. Gasp !


Par Croon
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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 20:51

Happy, Happy Helloween ...




La nuit du Diable s'ouvre à nous. Joyeux Halloween accompagné de Kai Hansen, Mickael Weikath et ... Mickael Kiske. Une chronique plus détaillée leur sera attribuée.

En cette froide nuit, une dernière farce (puisque cette nuit c'est permis). Et oui en effet, il fait froid puisque ça caille ... Hansen (Kai Hansen).

Sans commentaire ?
Par Croon
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 18:55

 

Voici encore une fois une reprise. Une chanson de Joan Baez. Des guitare-voix et texte poétique bien avant le 21ème siècle qui redécouvre ce genre ingénument et sans humilité.

Pour une fois la chanteuse engagée politiquement, se livre plus directement. Il s'agit plus d'un témoignage, d'une prise à partie d'un vis-à-vis, que l'on découvre peu à peu.


J'ai choisi la version de Judas Priest pour son énergie, son intensité et parce qu'elle est extraite du Unleashed in the East, l'un des plus grands albums live de metal. Et peut être l'un de ceux qui contient le plus d'overdub, railleraient certains. Mais peu importe l'émotion est bien présente.


Cette chanson aurait été écrite par Joan Baez dix ans après sa relation avec Bob Dylan et s'adresserait directement à lui. Elle fait suite à une reprise de contact que ce dernier aurait tenté. Elle-même l'aurait démentie apparemment pour ne pas froisser son compagnon d'alors. Cette reprise gagne en relief, en intensité et en mystère lorsque l'on sait que le nom même de Judas Priest est tiré de la chanson de Bob Dylan  : The ballad of Franckie Lee and Judas Priest. Les pourfendeurs de la New Wave of British Heavy Metal (genre ainsi dénommé par un journaliste ... comme toujours) ont bien traversé les ages du rock pour évoluer vers la sphère metal qu'ils subliment. Ici et maintenant.

Cette chanson traduit bien un exutoire, une prise à parti d'un interlocuteur qui serait donc un amour perdu.

Lancez la vidéo qu'elle se livre à nous :





La guitare roule sur elle-même alors même que les souvenirs reviennent en mémoire. Tourné vers le passé, dans une discussion sans fin avec lui, les échanges se multiplient et le brouillard s'épaissit sur sa réalité. Que garder des émotions, des rencontres, des échanges, de l'intensité du passé ?


Le meilleur : les diamants ?

Le pire : la rouille ?


Les deux s'entre-mèlent. La chaleur s'accentue avec le rythme de la discussion.

Et si l'amertume veut l'emporter parfois, les bons moments rattrapent les pensées avant qu'ils se traduisent en paroles blessantes.


Mais cette version doit nous apprendre de ces expériences.

L'on écoute le Priest, plus volontairement que Joan Baez. Nous ne sommes plus dans une position mélancolique d'épanchement sur soi-même et sur ce que l'on a vécu.


Les guitares hurlantes veulent briser cette hypnose, pour que l'on sorte de ce rêve du passé, que l'on termine cette apnée interminable avec lui pour se révolter. Lui dire combien cela fait souffrir. Que l'on ne pourra plus rien subir ainsi. Qu'il faut continuer à avancer. Que même si on va tous en souffrir, il faut passer à autre chose. Pour se dépasser soi-même.

Et c'est bien dans un accès de violence metal que cette révolte peut s'opérer plus que dans une folk song par ailleurs toute mignonnette.


Il ne s'agit bien plus d'être l'ombre de ce que l'on a été avec celui à qui on s'adresse. Mais d'exister par soi-même. Pour soi-même.

Car l'on sait tous les deux que revenir sur ce passé commun, si douloureux et si beau, n'éclairera pas de sa flamme l'avenir, car celle-ci s'est déjà et depuis longtemps éteinte.

Certes on a envie parfois de s'y raccrocher. Le Priest ne veille pas tout le temps sur nous. Et l'obscurité peut être glaciale et nous transpercer. Rien ne sert de souffler sur les braises du passé.

Redressons-nous. Sortons de cette cachette de souvenirs.


Plusieurs frères et amis sont là. Nous attendent. Dressent leur main. Les joignent sur leur bras en signe de ralliement.


Il n'y a pas vraiment de conclusion à cela, car cela n'est jamais fini. Il faut apprendre à vivre avec ces diamants et cette rouille. Les conserver au fond de la poche. Et continuer son chemin ...



Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !


Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.


Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;


Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !


Ma Bohème

Arthur Rimbaud
Par Croon
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